Page 72-73 du Livre « Contre l’oubli Plaques et stèles de la résistance et de la déportation en Tarn et Garonne»

MONTPEZAT-DU-QUERCY
2 mai 1944

Tandis que la terreur se répand dans la campagne, vers 9 heures 30, d’autres groupes SS prennent possession du village de Montpezat-du-Quercy. Ils procèdent à des arrestations qui se combinent avec des exactions et des brutalités.

Le maire M. CROS est arrêté. Marie-Antoinette ORCIVAL est arrêtée en qualité de juive. Elle est amenée dans un café où elle est interrogée et giflée. Née le 28 février 1910, elle fait partie de la Résistance depuis le mois de mars 1944. Elle sera déportée à Ravensbruck. Elle mourra d’épuisement à Hambourg le 19 juin 1945 après la libération des camps.

NEGRIER (coiffeur), DUPUY (mécanicien) et Salvador BENJAMIN (cultivateur) sont accusés d’avoir aidé la Résistance. Ils sont torturés dans la maison Laroque. NEGRIER est accusé d’avoir rasé des hommes du maquis. DUPUY et BENJAMIN sont accusés de les avoir ravitaillés.

Vers 15 heures les Allemands se retirent. Dix-huit otages sont emmenés vers Caussade. Certains sont renvoyés chez eux un peu plus tard mais d’autres seront déportés et ne reviendront pas. (voir ci-après). Vers 20 heures la vie reprenant peu à peu dans le village, survient une nouvelle alerte. La même unité revient occuper le bourg. Les SS font alors preuve d’un déchaînement de férocités. Ils perquisitionnent les maisons, arrêtant toutes les personnes rencontrées dans la rue. Ils arrêtent le chanoine GALABERT et l’abbé lorrain SCHAFF. Le curé est envoyé sur la place de la mairie avec les autres hommes alors que l’abbé est violemment interrogé.

Pendant ce temps, les Allemands mettent le feu à deux maisons appartenant à M. DELPECH et à M. BONNET ainsi qu’au presbytère et à la maison Valmary. Le presbytère brûle avec toutes les richesses qu’il contient : objets sacrés, habits sacerdotaux, livres et parchemins. Dans la maison Bonnet, une fillette de 3 ans Lucette BERTHE est brûlée vive avec son grand-père Charles RATHBERGER. Jean COSTES, âgé de 60 ans, vient voir sa sœur. Il est arrêté, fusillé et jeté dans les flammes. Une fois leur forfait effectué, les SS repartent dans leurs camions emportant des otages dont Félix DELPECH, Eugène DUPUY et Clotaire NEGRIER.

Les Allemands ont déporté 16 personnes, brûlé 4 habitants du village dont une fillette de 3 ans. Une femme a été abattue dans les champs, 16 fermes incendiées dans la campagne ainsi que le presbytère et trois maisons du bourg.

Personnes emmenées en Allemagne en qualité d’otage :

CRANTELLE Albert,                                                 PETIT André,
de Rouby, 16 ans, décédé en Allemagne                 gendre VALES à Rouby, 30 ans, rapatrié
DELPECH Félix,                                                         PETIT Jean-Pierre,
de Montpezat-de-Quercy, 58 ans,                          frère du précédent, à Petit, 32 ans, décédé en Allemagne                                                              sans nouvelles
DUPUY Eugène,                                                         REGIS, Jean, à Petit, 51 ans, rapatrié
mécanicien à Montpezat, 44 ans, rapatrié              ROSSETTI Pierre
GRAS Julien, beau-frère ROMA                         domestique de PETIT Xavier, 29 ans,                                                                                             sans nouvelles
LANDOU Urbain,                                                       RUAMPS Henri,
gendre ROMA de Pech-de-la-Font, 31 ans,          à Renoy, 66 ans, décédé
rapatrié
MASSIP André,                                                          RUAMPS Eugène,
fils de MASSIP Henri à Renoy, 23 ans, rapatrié    fils du précédent, 35 ans, rapatrié
NEGRIER Clotaire,                                                    VALES Germain,
coiffeur à Montpezat né le 18 avril 1902,               à Roubyi, 57 ans, sans n0uvelles
rapatrié
Mlle ORCIVAL Marie-Antoinette,                         VERDIER Etienne,
de Montpezat, 34 ans, décédée en Allemagne      aux Garennettes, 36 ans, rapatrié

Le 6 mai 1944, Monseigneur THÉAS adresse une lettre de protestation à la Kommandantur. Le commandant BLADOW lui répond que l’unité allemande savait de source sûre qu’il y avait à Montpezat et à La Salvetat une bande de terroristes qui s’était arrêtée à l’église.


Stèle située à coté de la Collégiale


Plaque située sur la maison familiale de Marie-Antoinette ORCIVAL place de la Libération


Plaques sur le monument aux morts

MONTPEZAT-DU-QUERCY
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